Café Sillon

jeudi 11 juin 2015

Restaurant
46 Avenue Jean Jaurès
69007 Lyon
04 78 72 09 73
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Rencontre Mathieu Rostaing-Café Sillon
« Chacun boit ce qu’il veut, on n’est pas là pour emmerder »

De bon matin avenue Jean-Jaurès dans le 7ème, si vous avez le regard taquin, peut-être pourrez-vous entrapercevoir au travers de cette baie vitrée, les mains d’orfèvre de Mathieu Rostaing travaillant ses légumes, éclairées d’un timide et respectueux soleil levant…

What the fuck ! Le mois du vin naturel ne passe pas de bon matin avenue Jean-Jaurès et n’est pas un blog. Il est par ailleurs admis que l’utilisation d’un anglicisme dans ce texte ‘lyonnais’ a autant d’intérêt qu’un bonnet en laine en plein été ou des intrants dans le vin !

Mathieu a répondu avec politesse au Mois du Vin Naturel et puis nous a confirmé qu’il n’avait pas le temps. Est-ce parce que « Le Naturel chez moi c’est le Wake » ou qu’il bosse en cuisine ?

L’idée est donc venue de faire une interview. Après moultes tergiversations, nous partons sur l’idée d’une « stuffed interview » (nouvel anglicisme faisant gagner quelques signes ; nous ne souhaitions employer : « Coconné d’une douce ivresse, un chef nous dévoile ses secrets »).

Nous préparons nous questions : Si vous étiez un cépage ? Votre premier souvenir de vin ? Le vin naturel pour vous ? …

Nous arrivons un soir, après le service, 00h05. Les derniers verres se font essuyer, Mathieu arrive une Salève à la main, il sort du Libanais d’à côté. (Dans les dialogues qui suivent, tel à la belotte sur un coin de table du dimanche après-midi, il y aura Eux et Nous (Eux étant Mathieu, le Sillon, Nous étant le Mois du Vin naturel)

Eux : Tu veux une bière ?
Nous : Heu non du vin !
Eux : On a quoi d’ouvert ?

On se pose : table en bois, morceau d’abondance, saucisson, poire, pain. Une partie de l’équipe est encore là !

Nous : Je suis pas assez bourré, on fait comment ?
Eux : On verra

Du rouge est posé sur la table, du beaujolais. On palabre, on parle du métier, du ressenti, des clients, des réseaux.
LMVN prend une photo de cette « nature morte ». Est-ce en réponse à ce fait anodin que Mathieu nous fera un commentaire désabusé sur le selfig « selfie de figue ». L’air de rien la soirée avance.

Nous tentons une approche.

Nous : Te souviens- de ton premier vin ? De ta première cuite ?
Eux : Non ! Ah si, au Malibu.

Nous essayons de parler vin. Ca ne vient pas. En fait si, ça vient trop bien ! On parle de cuisine, d’équipe, d’établissement, d’ambiance, de travail et tous les qualificatifs utilisés sont transposables « au monde du vin ». On parle de rigueur, de simplicité, de travail brut et bien fait. « Le mec qui sait bouffer tu lui fais pas à l’envers ».

Nouvelle digression.

Nous : T’as déjà fait l’amour saoul ? A quoi ?
Eux : Oui plein de fois, je ne sais plus !

Stop ! Retour au sujet.

Pour le vin c’est pareil, pas de distinction à la carte, pas de case, les références sont mélangées « Chacun boit ce qu’il veut, on n’est pas là pour emmerder », « On peut vivre notre époque en restant un métier de service »

Mathieu se lève pour aller chercher une bouteille.

Nous : J’avais pensé à une question un peu poétique : quand tu regardes à travers un verre tu vois quoi ?
Eux : Du rouge.

L’incident est clos et il est vrai que nous ne buvons que du vin rouge.

On reparle du concret.

Eux : On a peu de choix, la cuisine qu’on fait nous prend du temps !

Nous retournons à l’attaque : Et sinon, quelle musique et quel vin avant de faire l’amour ?
Eux : Quartz et The Good the bad the queen !

Tiens ! Du blanc !

On reparle des premières quilles natures qu’il avait sans le savoir au 126, du Lapierre et du Belluard.

On reparle de plein de sujets qui ne peuvent être transcrits ici, on déblatère.
Mathieu se relève, reprend une bouteille. « Soyez rebelles, génération de merde » On parle de voyages, d’ivresses au Japon, de société corsetée, de schéma, de standardisation. Mathieu : « Je ne veux pas être un spot qui fait mouiller la bloggeuse » (N.D.A : ma chaise était sèche)
Il est 3H00